Et si je vous racontais une histoire

Ce qui me plaît par dessus tout, dans mon activité, ce sont les récits de vie professionnelle.

J'ai décidé d'entamer une série d'interviews sur des changements de vie professionnelle.

Aujourd'hui, Véronique Duffort, réflexologue plantaire, nous parle de son parcours.

Véronique Duffort a eu la gentillesse d'accepter de nous raconter son parcours et, surtout, sa reconversion professionnelle.

 

Véronique est réflexologue plantaire depuis une dizaine d’années. Après avoir travaillé des années dans des entreprises en tant que salariée, en 2010, elle décide de tout quitter pour créer « Mabulleréflexo », un havre de paix, un cocon douillet, où hommes et femmes, petits et grands viennent prendre soin d’eux, le temps d’un soin.

Véronique nous raconte son histoire, comment elle est en venue à devenir praticienne en réflexologie, quels ont été les éléments déclencheurs, les raisons qui l’ont poussée à prendre sa décision, ses nombreuses difficultés, ses belles réussites, ses joies.

 

Réflexologue plantaire, un métier dans lequel la technique et l'approche psychologique se côtoient étroitement

Valérie Miara : Bonjour Véronique, et merci d’avoir accepté de faire cette interview. Pouvez-vous nous dire quel est votre métier aujourd’hui ? En quoi consiste la réflexologie plantaire ?

 

Véronique Duffort : J'exerce le métier de praticienne en réflexologie. Je préfère le mot « métier » à celui de « profession » car il fait, à mes yeux, référence à l'artisan, aux mains, au savoir-faire, au travail bien fait...

 

La réflexologie plantaire est issue, pour ma part, de la Médecine Chinoise. C’est un soin énergétique, une technique pointue qui consiste à travailler les zones réflexes du pied en miroir avec les zones du corps ou de l'esprit. Un métier dans lequel la technique et l'approche psychologique se côtoient étroitement et où ma véritable personnalité peut s'exercer en toute liberté, un chemin au coeur de l'humain, riche et palpitant sur lequel je marche et j'apprends tous les jours, avec la curiosité, l'empathie et l'humilité qu'il exige.

 

VM : Depuis combien de temps êtes-vous réflexologue plantaire ? Que faisiez-vous avant ?

 

VD : "ma bulle" a fêté cette année (2020) son 10ème anniversaire.

Avant j'ai exercé la profession d'Assistance de Direction et comme je m'y ennuyais, j'ai fait en sorte de me rapprocher de celui plus vivant et plus autonome d'assistance export : j'étais l'interface entre les ONG (organisations non gouvernementales) et le laboratoire pharmaceutique qui m'employait, prête à tout mettre en oeuvre pour approvisionner efficacement et rapidement des médicaments urgents à l'étranger.

Après la naissance de mon deuxième enfant, j'ai pris un congé parental pour m'occuper de mes enfants car je suis une maman-poule et je ne voulais rien rater de leurs premières fois. Ce temps de parenthèse m'a permis aussi d'accompagner mon père dans sa maladie et sa fin de vie puis la maladie de mon mari qui s’est déclarée ensuite. Cela aurait été impossible avec un emploi de salariée à temps plein.

On peut survivre ou traverser des épreuves longues et difficiles et tenir encore debout

VM : Comment vous est venue l’idée de changer et de faire de la réflexologie plantaire ? Quels ont été les éléments déclencheurs ? 

 

VD : Après avoir consacré le plus clair de mon temps, de mon énergie à ma famille, j'avais perdu pas mal de plumes mais j'avais gagné de la force. J'avais la preuve que l'on peut survivre ou traverser des épreuves longues et difficiles et tenir encore debout. Evidemment, mes priorités avaient changé et le monde de l'entreprise avait lui aussi évolué sans moi. J'ai donc cherché une voie qui me permette de travailler "à domicile" pour continuer à veiller sur la famille, en maitrisant la gestion de mon emploi du temps, d'axer mon travail sur l'accompagnement de ceux qui traversent des cahots sur leur chemin de vie, de partager à ma façon mon expérience de vie et de donner un coup de pouces. C'est donc d'une manière très symbolique que mes pouces sont devenus dans mon nouveau métier des outils indispensables. Je les protège beaucoup.

 

VM : Que trouvez-vous dans ce nouveau métier ?

VD : Je trouve dans ce métier, le calme, la respiration, la patience, l'accès au toucher subtil, un nouveau chemin spirituel. J'apprends la tolérance, la patience...

J'ai besoin de me sentir "utile", de commencer mes journées sans trainer les pieds, de garder mon enthousiasme, d'apprendre tous les jours, de variété, d'évoluer dans l'humain

VM : Qu’est-ce que pour vous la réussite professionnelle ? Que recherchez-vous dans le travail ?

VD : Réussir pour moi c'est atteindre un niveau de crédibilité, un niveau de compétences reconnu et en dernier de pouvoir vivre de mon métier, obtenir un revenu juste, en cohérence avec le temps, l'investissement et l'énergie déployée.

J'ai besoin de me sentir "utile", de commencer mes journées sans trainer les pieds, de garder mon enthousiasme, d'apprendre tous les jours, de variété, d'évoluer dans l'humain. Mon métier me tire vers le haut car il faut toujours être en forme, souriant, bien centré, en bon équilibre et de bonne humeur pour pouvoir se placer légitimement en position d'aidant. Il faut donc avoir beaucoup de recettes pour se ressourcer.

 

VM : Qu’est-ce qui a été important de votre choix de changement de vie professionnelle ?

 

VD : J'ai choisi un nouveau métier pour ne pas regretter de ne pas avoir au moins essayé - et psychologiquement j'étais prête à la réussite et à l'échec éventuel.

Pour cela, j'ai suivi mon intuition profonde, j'ai longtemps, pour ranger mes idées, griffonné des cahiers, beaucoup surfé sur le net... je voulais aussi retrouver l'indépendance financière qui m'avait tant manqué.

Je voulais redevenir une femme libre. Pour cela, il m'a fallu du culot, de l'audace, une bonne dose d'insouciance, de la confiance et l'instinct de survie a fait le reste.

 

VM : Comment votre entourage a-t-il réagi ? Quelles ont été les différentes étapes de votre transition ?

 

VD : J'ai été seule à construire mon projet (peu de soutien sauf de ma mère, mon frère et une amie). J'ai fait face à beaucoup d'incompréhension de la part de mon entourage.

La plupart de mes "amis" n'ont rien compris à ce que je "fabriquais. Ils ne connaissaient pas la réflexologie, certains y ont vu une lubie qui passerait vite, une idée très farfelue. Comme je suivais mon objectif sans sourciller, certains s'attendaient à ma chute. Les langues se sont tues le jour béni où mon ex-entreprise m'a recrutée pour devenir "réflexologue" dans ses locaux et m'a confié la mission de veiller sur le bien-être des salariés. J'ai dansé dans ma tête tant c'était savoureux le premier jour où j'ai franchi avec mon nouveau badge le portail de l'entreprise ! J'étais très fière de moi. J'avais gagné mon pari.

Cette reconversion m'a permis de faire du tri dans mes relations et de garder les plus bienveillantes.

 

J'ai effectué cette transition sans stress particulier, en confiance. Qu'avais-je à perdre finalement ? J'ai suivi une formation et je me suis installée aussitôt. J'ai détourné une pièce de la maison pour tester le marché et me donner le temps de sécuriser mon installation.

Il faut sortir de sa zone de confort, oser solliciter des neurones endormis, oser se découvrir soi-même, l'inconnu fait peur mais il cache des trésors

VM : Si c’était à refaire, le referiez-vous ?

 

VD : Sans hésiter je le referais dans la Réflexologie ou un tout autre métier comme la cuisine qui m'a toujours tentée mais l'âge m'a fait hésiter beaucoup et finalement renoncer. Cette reconversion m'a permis de faire du tri dans mes relations et de garder les plus bienveillantes.

 

VM : Quand vous avez décidé de changer de vie professionnelle, vous êtes-vous fait accompagner ? Si non, pourquoi ? Qu’auriez-vous voulu trouver comme accompagnement ?

 

VD : Je n'ai reçu aucun accompagnement, je suis intuitive et j'ai mis toute mon énergie, ma rage parfois, au service de mon objectif. Je voulais aussi faire un pied de nez aux jaloux et faire taire les mauvaises langues qui me connaissaient décidément très mal et me posaient trop souvent la question : "ça marche ton truc ?"; ça m'a boosté et donné beaucoup de courage. Merci à eux !

Mon meilleur soutien aurait été que l'on me fasse confiance mais je sortais du cadre, j'osais et je dérangeais.

 

VM : Quelles ont été vos difficultés ? Quelles ressources avez-vous pu mobiliser ?

 

VD : Le plus gros challenge est de se faire connaître dans un métier peu connu, de se démarquer dans l'univers très vaste du bien-être qui regroupe des bons et des mauvais, de bonnes et de mauvaises intentions, de bonnes et de mauvaises valeurs... Le bon côté des choses est que j'utilise aujourd'hui mes compétences d'avant : amour des mots, sens commercial, de la communication. 

Je suis opiniâtre et dans ma vie, je ne prends que les décisions que je suis capable d'assumer. Je ne sais pas renoncer.

 

VM : Auriez-vous un conseil à donner à toutes ces personnes qui se posent des questions et qui aimeraient changer de vie professionnelle mais qui ne le font pas ?

 

VD : Croyez en vous ! On est tous capables d'exercer un ou plusieurs métiers très loin de celui pour lequel on a fait des études, dans lequel on est reconnu ou auquel on est habitué. Il faut sortir de sa zone de confort, oser solliciter des neurones endormis, oser se découvrir soi-même, l'inconnu fait peur mais il cache des trésors. Si on m'avait dit, un jour, que mes pouces seraient capables d'autant de belles choses !!!

 

Pour en savoir plus sur Véronique et sa pratique, cliquez sur le bouton.

© 2020 par Valérie Miara. 

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